Dans le camp fortifié romain Petibonum, on s’interroge : comment les Irréductibles Gaulois du village d’Astérix font-ils pour se moquer, avec une facilité déconcertante, de la puissante armée romaine ? Pour le savoir, le centurion Caius Bonus envoie un espion déguisé en Gaulois. C’est ainsi que commence le premier album d’Astérix le Gaulois, édité en 1961. Coté lecteurs, les petits comme les grands, semblent fascinés par ce Gaulois starifié. Où s’arrête la fiction ? Où commence la réalité ? Chacun se fait son idée. Mais au fait, savez-vous qui était le premier Gaulois ? Et pourquoi il a fait du tourisme à Rome ?

Asterix premier Gaulois

La force des Celtes armés d’épées et protégés de cotte de mailles

Au IVème siècle avant JC, le fer s’impose. On parle même du second âge de fer. Il change les habitude et bien sûr l’art de la guerre. Et c’est important, car à cette époque, les richesses se mesurent en territoires occupés et possédés. Les Celtes ont de l’avance. Ils maîtrisent mieux que quiconque le traitement du fer. Ils innovent et fabriquent des épées et inventent le fourreaux et la cotte de maille. Originaires du Nord, les guerriers Celtes progressent. Certains s’installent sur les terres conquises, le long du Rhin, fleuve auquel les druides donnent des vertus magiques. Les autres continuent leur route vers le sud.

Le Brenn : le chef de guerre Celte puissant et charismatique

Les Celtes sont représentés par plusieurs peuples. Les plus puissants sont, sans conteste, les Sénons. Ils ont conclu avec les autres des alliances de défense mutuelle. Ils se croient forts et ils le sont. Leur population se développe, leurs terres sont fertiles. Sénons ne signifie-t-il pas “les Premiers” ? Leur capitale prendra plus tard le nom de ses fondateurs : la ville de Sens, sur les bords de l’Yonne. Les druides celtiques, chargés de désigner un meneur pour les futures batailles, choisissent un homme imposant à la fois craint et glorifié par les siens. Ce chef de guerre est un “Brenn” dans le vocable Celtes, un Brennus pour les Romains et un Brennos pour les Grecs.

Brenn premier Gaulois

Rome : la cible inattendue du Brenn en colère

Brenn. Son nom fait trembler ceux qui se mettent sur son chemin. Et c’est sous son autorité que des tribus Celtes, de tous horizons – les Sénons de l’Yonne, Aulerques des bords de la Loire, Arvennes du Massif Central, Lingons de la future Bourgogne, Séquanes de l’est… – marchent vers le sud. Ils empruntent le vaste delta du Rhône et se rendent ensuite sur le littoral méditerranéen. Mais la guerre a moins d’attrait dans cette région et les Celtes se dirigent alors vers l’Italie, notamment vers la riche cité étrusque Melpum, c’est à dire l’actuelle Milan. Mais il faut partir vite. La chaleur de la région est écrasante et insoutenable pour ces étrangers menaçants. Les Celtes arrivent désormais à Clusium en Toscane. La ville tremble et se réfugie derrière ses fortifications assiégées. On appelle Rome au secours, mais personne dans la modeste République ne veut mourir pour Clusium. Finalement, des ambassadeurs romains – des Fabii – sont dépêchés. Offusqués par l’arrogance des Celtes, ils participent au combat faisant fi de leur statut de conciliateur. C’est alors que Quintus Fabius tue avec son javelot un chef sénon. Le Brenn, mécontent de cette agression, demande réparation à Rome qui refuse. Fou de colère, l’objectif du Brenn change. Sa prochaine cible devient Rome.

Une lourde rançon d’or pour une Rome humiliée

Les Romains sont effarés. Ils voient débarquer les Celtes le 18 juillet 390 avant JC. Les armes tranchantes des Celtes sont efficaces. Les soldats Romains battent retraite devant ces hordes de lascars à la peau blanche et chevelure dorée. C’est la débandade. Les Romains se sont réfugiés dans la citadelle. Les Celtes demandent une rançon de mille livres d’or. Mais Rome, ne possédant pas les 327 kilos demandés du précieux métal jaune, appellent, à son tour à l’aide. Elle peut compter sur sa puissante alliée Massalia (Marseilles). Sept mois plus tard, l’or est réunie, mais il en manque encore et encore. Les balances sont à l’évidence truquées.

Le Gaulois : maître de basse-cour, braillards, colorés et prétentieux

Malheureux vaincus, les Romains sont humiliés et ils promettent la vengeance contre la race Celte. Mais laquelle ? Les Romains ne savent rien ou presque des différents peuples Celtes. S’agit-il des Arvernes, des Parisii, des Lingons ou des Vénètes ? Peu importe, ils se vengeront des Celtes de la Gaule tout entière. Ils se vengeront des “Galli” – des Gaulois – le terme qu’ils inventeront pour désigner leur ennemi. Galli est né d’un jeu de mots latins. C’est le pluriel de “Gallus”, c’est à dire le “coq”. Pourquoi un coq ? Car les Gaulois sont comme le maître de basse-cour, braillards, colorés et prétentieux à l’image du Brenn, dont on imagine qu’il fut le premier.

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